De FrontPage à Webflow : petite histoire de la création visuelle de sites web

Écran d’ordinateur affichant une maquette de site web dans un espace de travail

Créer un site sans écrire de code n’est pas une idée nouvelle. Depuis les débuts du web, des logiciels ont promis de rendre la mise en page aussi simple qu’un traitement de texte. Retour sur trente ans d’outils visuels, et sur la façon dont Webflow a renouvelé ce rêve.

Les années 1990 : le web en « tel écran, tel résultat »

Au milieu des années 1990, écrire du HTML à la main est la norme. Les premiers éditeurs dits WYSIWYG (« what you see is what you get ») changent la donne. FrontPage, créé par la société Vermeer puis racheté par Microsoft en 1996, permet de composer une page comme un document. Dreamweaver, lancé par Macromedia en 1997, devient l’outil de référence des professionnels, avec son double affichage code et visuel.

Ces outils ont démocratisé la création de sites. Mais ils avaient un défaut connu : le code généré était souvent lourd, plein de tableaux imbriqués et de balises inutiles. Les développeurs passaient ensuite des heures à le nettoyer.

Les années 2000 : l’ère des CMS

Avec les blogs et les sites d’entreprise qui se multiplient, le besoin change. Il ne s’agit plus seulement de dessiner une page, mais de publier du contenu régulièrement. Les CMS comme WordPress, apparu en 2003, séparent le fond et la forme : le thème gère l’apparence, l’éditeur gère les textes.

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La création visuelle recule au profit des thèmes. Personnaliser un design demande à nouveau de toucher au code, ou d’empiler des extensions.

Les années 2010 : le retour du visuel

Les constructeurs de sites grand public, comme Wix ou Squarespace, remettent l’édition visuelle au premier plan pour les particuliers et les petites entreprises. Simples et rapides, ils restent toutefois limités pour un design vraiment sur mesure.

C’est dans ce contexte que naît Webflow, fondé en 2013 par Vlad Magdalin, Sergie Magdalin et Bryant Chou. Leur idée : un outil visuel qui raisonne comme un développeur. On ne place plus des blocs au hasard : on manipule les vraies notions du web (boîtes, classes CSS, flexbox, grilles), mais avec une interface graphique.

Ce qui distingue Webflow des outils d’hier

Un code propre. Là où les éditeurs des années 1990 produisaient un HTML encombré, Webflow génère un code structuré et sémantique.

Le responsive intégré. Les mises en page s’adaptent aux écrans mobiles, une préoccupation inexistante à l’époque de FrontPage.

Un CMS et un hébergement inclus. Création, contenu et mise en ligne sont réunis dans le même outil.

Des animations sans JavaScript à écrire. Les interactions se configurent visuellement.

Une nouvelle génération de métiers

Comme Dreamweaver avait fait émerger les « webmasters » des années 2000, Webflow a fait naître un écosystème de designers, de développeurs no-code et d’agences spécialisées. Webflow certifie d’ailleurs ses partenaires selon plusieurs niveaux, dont le statut Premium Partner.

Ces agences travaillent aujourd’hui pour des startups, des éditeurs de logiciels comme pour de grandes marques. C’est par exemple le cas de Synqro, agence Webflow Paris et partenaire Premium, qui a accompagné plus de 150 entreprises depuis 2019.

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Et demain ?

L’histoire de la création visuelle semble boucler un cycle : partie de la promesse « pas besoin de coder », elle arrive à des outils qui produisent un code que les développeurs ne renient pas. La prochaine étape est déjà là, avec l’intelligence artificielle intégrée aux outils de conception. Une chose ne change pas depuis FrontPage : l’envie de rendre la création web accessible au plus grand nombre.